A student in a classroom setting using a laptop and taking notes in a notebook.
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Travail qui ne nous nourrit plus : pourquoi on s’y habitue?

S’habituer à un travail qui ne nous nourrit plus est un mécanisme plus courant qu’on ne le pense. Pourquoi s’habitue-t-on à un travail qui ne nous nourrit plus, alors même qu’il n’est ni toxique ni dramatique ?

On ne quitte pas toujours un travail parce qu’il est toxique et on ne s’effondre pas toujours avant de partir. Parfois, on reste, longtemps, dans quelque chose qui ne nous nourrit plus.

Ce qui m’interpelle le plus en accompagnement, ce n’est pas la crise brutale.
C’est l’habitude… Cette manière de s’adapter à presque tout. Même à ce qui ne nous correspond plus.

L’adaptation est une force, oui… jusqu’à un certain point.

Nous avons une capacité d’adaptation remarquable.

On apprend à :

  • composer avec un manager difficile.
  • tolérer un manque de reconnaissance.
  • réduire nos attentes.
  • se dire que “ce n’est pas si grave”.

Au début, ce sont de petits ajustements, puis, progressivement, ces ajustements deviennent la norme.

On ne se révolte plus, on ne questionne plus. On fonctionne en mode automatique et ce fonctionnement donne l’illusion que tout va bien.


Le glissement est presque imperceptible..

Ce n’est pas un déclic brutal, c’est un glissement… délicat et trés silencieux. On parle moins de ses idées, on s’implique un peu moins, on arrête de proposer et on cesse même d’attendre. On ne se sent pas forcément malheureux(se), on ne se sent vide.

Et cette neutralité devient confortable, parce qu’elle évite le conflit.
On évite le risque et surtout de se poser les vraies questions!


Pourquoi on reste dans un travail qui ne nous nourrit plus ?

Plusieurs mécanismes entrent en jeu :

1. La sécurité

Un CDI, un salaire régulier, une routine maîtrisée… Cela rassure. Même si l’élan intérieur diminue, la stabilité extérieure apaise l’anxiété. Alors on se dit que c’est suffisant.Puis après tout, c’est ce que l’on nous a toujours “appris”, pour être heureux, il faut avoir un CDI. (Un CDI, un salaire régulier, une routine maîtrisée… Cela rassure. Même si l’élan intérieur diminue, la stabilité extérieure apaise l’anxiété. Alors on se dit que c’est suffisant.Puis après tout, c’est ce que l’on nous a toujours “appris”, pour être heureux, il faut avoir un CDI. (c’est très raccourci et caricatural, mais c’est pourtant une certaine réalité..)

)

2. La comparaison

“D’autres ont pire.” “Je ne vais pas me plaindre.” “Au moins, j’ai un travail.” La comparaison invalide subtilement notre ressenti. C’est là qu’on confond gratitude et résignation.

3. L’identité

Pendant des années, on s’est défini à travers ce poste.
On devient un métier, un statut.

Reconnaître que cela ne nous nourrit plus, c’est accepter que l’on a changé, et cela peut être trés déstabilisant.

4. La peur du vide

Partir, c’est ouvrir une question et les questions peuvent être inconfortables. Alors rester paraît plus simple que d’affronter l’inconnu.


Ce que « l’habitude » fait à long terme

Le problème, ce n’est pas d’être dans une zone de confort, c’est l’extinction progressive. J’en parlais aussi dans mon article sur l’ennui professionnel et ces boucles invisibles qui s’installent sans bruit.

Quand un travail ne nourrit plus :

  • la curiosité diminue
  • l’élan s’affaiblit
  • la créativité se réduit
  • l’énergie baisse

On s’éteint doucement. Notre petite lumière est toujours là… mais elle éclaire moins fort.

Et c’est souvent pour cela que cela dure, car c’est petit à petit que tout s’installe.


Le piège, c’est de croire que l’absence de souffrance signifie que tout va bien.

Beaucoup de personnes que j’accompagne me disent : “Je ne suis pas malheureux(se)… mais je ne suis plus vraiment engagé(e).”

Cette phrase est essentielle, on n’a pas besoin d’être en burn-out pour reconnaître un désalignement. On n’a pas besoin d’être au bord du gouffre pour admettre que quelque chose ne nous nourrit plus !

Parfois, le simple fait de ne plus vibrer est déjà un signal.


La vraie question…

La question n’est pas immédiatement : “Est-ce que je dois partir ?”

C’est plutôt une série de questions plus subtiles : “Est-ce que je me suis adapté(e)… ou est-ce que je me suis réduit(e) ?”


S’habituer n’est pas une faute non plus!

Je tiens à le dire clairement. S’habituer n’est pas un échec ou une faiblesse, c’est un mécanisme de protection.

Cependant, rester trop longtemps dans quelque chose qui ne nourrit plus finit par créer une fatigue différente. Une fatigue qui ne vient pas de la surcharge, mais du manque de sens. Et cette fatigue-là mérite d’être entendue.


Comprendre avant de décider

Avant toute décision radicale, il est essentiel de comprendre ce qui se joue réellement.

  • Est-ce un besoin d’évolution interne ?
  • Un manque de challenge ?
  • Un besoin d’autonomie ?
  • Un décalage avec vos valeurs ?
  • Ou la fin naturelle d’un cycle ?

Prendre le temps de clarifier cela change tout: Parce que l’objectif n’est pas de quitter à tout prix. L’objectif est de retrouver un espace professionnel qui vous nourrit réellement.

On ne passe pas quarante ans de sa vie à travailler pour simplement “tenir” !

Si vous traversez cette phase de flottement, vous pouvez aussi lire mon article sur les 5 signaux qu’il est temps de faire un bilan de compétences.

Je suis Marie-Anne. Depuis plusieurs années, j’accompagne celles et ceux qui ressentent ce flottement professionnel, sans crise visible mais avec une perte d’élan. Mon rôle n’est pas de vous pousser à quitter votre poste. Mon rôle est de vous aider à comprendre ce qui se joue réellement, pour décider avec lucidité et cohérence.

Découvrir mon accompagnement en bilan de compétences

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